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Monsieur détermination

«En 1976, aux Jeux olympiques de Montréal, quand j'ai vu tous ces athlètes monter sur la plus haute marche du podium, je me suis dit qu'un jour ce serait mon tour.»

Patrick Lemay avait sept ans, à l'époque. Le p'tit gars de Sainte-Croix, dans Lotbinière, avait été impressionné, marqué par la stature de ces hommes, de ces femmes qui, après des années d'effort, de travail acharné, avaient atteint le sommet.

Vingt-neuf ans plus tard, le grand jour est arrivé. Le 21 août 2005, à Zofingen, en Suisse, Patrick Lemay enlevait le championnat du monde de duathlon Powerman (amateur), au terme d'une épreuve (10 km de course, 150 km de vélo et un autre 30 km de course) qui s'est terminée, dans son cas, avec un chrono de 6 :53 :58.

«Le plus grand jour de ma vie», déclarait-il, à l'époque, au journaliste Richard Boutin. Déclaration qu'il a réaffirmée quand l'auteur de ces lignes l'a rencontré, le 6 juin dernier.

Les Européens ne l'avaient pas vu venir. Mais Patrick, déterminé comme jamais, appuyé par son mentor, Claude Lajoie, savait que ses chances étaient bonnes. Son programme d'entraînement, rigoureux, scientifique, ne pouvait que donner ces résultats. «Tout était programmé pour arriver à une pointe de performance à cette date précise. Dix jours plus tôt, je n'aurais probablement même pas fini la course», illustre-t-il, pour montrer comment sa préparation avait été réglée au quart de tour, peaufinée par un maître en la matière. «Lance Armstrong appliquait, à ses belles années, les mêmes principes que nous utilisions, avec Claude Lajoie, depuis 1996.»

Mais au-delà de l'apport d'un entraîneur de la trempe de Claude Lajoie, il faut se reporter à ces années sur la ferme, où, tout jeune, Patrick Lemay se rendait dans les champs, à pas de course, derrière le tracteur de son père. «C'est probablement là que tout a commencé», se rappelle-t-il, même si le côté compétitif est venu sur le tard, en 1992, à l'âge de 23 ans. Et son initiation à la compétition, une course de vélo locale, ne fut pas une révélation. Loin de là. «J'en ai arraché. J'ai vu des étoiles!» Mais, l'année suivante, la vapeur était déjà renversée. «Dix minutes d'avance sur les autres coureurs!»

Sport, musique, ébénisterie?

Professeur de sciences à Sainte-Croix, Patrick Lemay a, pour le moment, laissé la compétition active, mais le sport occupe toujours beaucoup de place dans sa vie. Entraîneur de soccer, il passe le message à ses filles, Charlotte et Juliette. Il a redécouvert le ski de fond et peut-être le verra-t-on participer à quelques épreuves de longue distance au cours des hivers à venir. Et il garde le triathlon de Lévis dans sa mire, un championnat mondial, l'an prochain. «Mais ce n'est pas un objectif. Si les conditions le permettent, j'y participerai?» Pour gagner? On verra. S'il y participe, ce ne sera certainement pas pour finir dernier!


Depuis qu'il s'entraîne pour la compétition de haut niveau,
Patrick Lemay s'est tapé :

- plus de 200 000 kilomètres de vélo
- plus de 40 000 kilomètres de course à pied
- plus de 30 000 kilomètre en ski de fond
- probablement plus de 90 000 000 de coups de pédale


Dans quelques années, si vous scrutez attentivement les cieux de Lotbinière et, pourquoi pas, de tout le continent nord-américain, vous pourrez également le voir diriger son pendulaire, «la moto des airs», un petit engin qui file à environ 160 km/h et qui, selon ses dires, «est plus sécuritaire que l'avion». C'est un rêve qu'il caresse depuis de nombreuses années.

Méticuleux, patient, déterminé, Patrick Lemay, porte-étendard et consultant spécial pour Le Sommet du VÉLO, outre le sport, aime beaucoup la musique. Il joue même de la guitare. «Un peu», dit-il modestement. «Heavy metal, classique, tout y passe», dit-il, en ricanant, au sujet de ses préférences d'écoute. Mais son principal hobby, c'est l'ébénisterie. Un passe-temps qui comble «le gars solitaire que je suis». Solitaire, peut-être, mais, presque paradoxalement, sociable et engagé auprès des jeunes jusqu'au bout des doigts. «Éventuellement, j'aimerais accompagner, entraîner de jeunes athlètes et les aider à filer jusqu'au bout de leurs capacités.» Comme il l'a lui-même si bien fait!

En pays de connaissance

Patrick Lemay connaît bien le titane. «Ça fait six ans que je roule avec un vélo dont le cadre est fait de ce métal.»

Il chevauchait un vélo en titane, en Suisse, au championnat du monde Powerman. L'invitation qui lui fut faite par Le Sommet du VÉLO, d'agir comme consultant spécial, n'est donc pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Avec son offre, l'entreprise de Québec est arrivée juste au bon moment.

«Je suis content et fort enthousiaste de participer au développement d'un produit aussi intéressant. Je vois là une occasion de m'impliquer à long terme dans un projet né chez nous, à un moment où je devais, de toute façon, m'ajuster à une nouvelle réalité, hors compétition. Ça me permet de continuer à ?uvrer dans un domaine que je connais bien, mais d'une autre façon. Je vois ça comme une marque de reconnaissance à mon endroit.»

Et Le Sommet du VÉLO ne s'en cache pas, les connaissances de Patrick Lemay seront fort utiles dans le développement d'un produit destiné aux cyclistes les plus exigeants, les plus soucieux «d'en avoir pour leur argent».

Christian Lemelin
Juin 2007

N.B. : Outre son rôle de consultant spécial, Patrick Lemay participera à quelques événements dits de représentation, pour Le Sommet du VÉLO. Nous vous invitons à consulter régulièrement notre site pour savoir où et quand vous pourrez le rencontrer.

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